jeudi 15 février 2018

Podcast Playtest N°20 : La Cause, de Morgane Reynier






(Durée 01 : 37 : 37)
Télécharger le podcast

La Cause de Morgane Reynier vous propose d'incarner des révolutionnaires ou des résistants. Ce jeu de rôle se décompose en trois actes. Au cours du premier acte, vous jouez la réunion préparatoire à un événement déterminant pour la cause. Dans un second temps, les joueurs incarnent leurs personnages au cours de cet événement. Chacun sacrifie ce qu'il doit et commet les pires ignominies pour cette fameuse cause. Puis dans un troisième et dernier temps, bien après ces événements, les joueurs doivent répondre aux douloureuses questions d'un historien...


Avec Flavie, Maxime et Morgane, nous décidons d'interpréter des allemands de la société civile pendant la seconde guerre mondiale. Notre cause : l'assassinat d'Adolf Hitler. Le premier acte nous immerge dans la lourdeur et le sacrifice du combat politique. Mais le second, nous précipite dans des scènes d'action rocambolesques trop "pulp" pour prolonger cette lourdeur. Nous avons l'impression de sauter directement de L'Armée des Ombres à Inglorious Bastard... comment expliquer cet étrange phénomène et permettre à Morgane d'équilibrer son jeu ?

Bonnes vacances à tous ! Rendez-vous le jeudi 1er Mars, pour notre prochain podcast ! D'ici là, portez-vous et bien et surtout jouez bien !

10 commentaires :

  1. Pour moi un jeu s'inspirant de l'armée des ombres doit nécessairement être joué en solo avec le MJ, ou deux maximum. Parce que c'est des films qui mettent toujours plus l'accent sur l'individu et la solitude. A l'inverse les films d'action marchent bien en groupe.

    RépondreSupprimer
  2. L'idée est assez intéressante je trouve.

    Je suis curieux de le voire fonctionner avec des joueurs qui se définiraient comme peu ou pas "politisées" (oui, c'est l'être quand même).

    J'avais l'impression aussi à vous entendre que les questions de fin de partie étaient orientées dans un sens dystopique. Est-ce une intention de l'autrice ?

    De manière générale, la discussion de fin de podcast me semblait assez désabusée sur les possibilités de transformations positives de la société, la cause serait-elle toujours perdue ?

    RépondreSupprimer
  3. Très intéressant ce playtest ! A vous entendre, j'ai l'impression que Morgane parviendra d'autant plus à équilibrer son jeu si elle arrive à synthétiser en quelques phrases les notions et sensibilités personnelles qu'elle a sur le domaine de l'extrêmisme, pour reprendre le terme de Romaric, des questions qu'elle espère soulever chez les joueurs et joueuses. Et si elle relit son système de jeu avec ces phrases en tête (qu'est ce qui dans les règles renfonrce, accompagne, contredit telle phrase ou notion ?)

    A propos de la question de ce que les extrêmistes ont à perdre ou non en se lançant dans une cause, je pense à un bouquin qui pourrait peut-être avoir quelques éléments intéressants : "Les nouveaux dissidents" de Michel Eltchaninoff. C'est une sorte de compilation de voyages faits par l'auteur dans différents pays, dans le but de rencontrer les acteurs de différentes luttes revendiquées non-partisanes et non-violentes. Quoiqu'on pense de la pensée philosophique et politique d'Eltchninoff (et qui transparaît par moment dans le livre), il a le mérite de donner une parole assez longue à chacune de ces personnes vivant pour la plupart dans l'illégalité et de remettre quasi systématiquement leur lutte en regard de leur vie personnelle et intime - pour ceux qui en ont encore une. J'ai l'impression que ça résonne fort avec le jeu.

    Petite question : est-ce que Morgane a dans l'idée que la Cause peut aussi mener à des types d'action non armées dans l'acte 2, comme une grêve de la faim (big-up aux étudiants corses), une chaîne humanitaire, ou un happening comme ce qu'on fait les Pussy Riots dans la cathédrale de Moscou ? Et indépendemment de l'intention de Morgane, est-ce que certains playtesteurs ont eu l'impression que c'était une possibilité offerte par les règles ?

    RépondreSupprimer
  4. (2/3 podcast)
    Si vous passez à 4 traits / 4 attaches, faites jeter les dés et si ca rate, si on choisi de rayer un trait ca réussi auto mais on devient un peu taré ?
    (= êtes vous prêt a sacrifier bidule pour réussir la cause ?)

    RépondreSupprimer
  5. (fin du podcast)
    Oui, je pense que ce type de test est plus proche des intentions de Morganne (a elle de voir - et, ok, le mot "taré" est mal choisi).

    Deuxième chose que je ne comprends pas, pourquoi le système est désigné par vote (moyen révolutionnaire pour des violents ?) ?

    Pourquoi est il celui qui est jugé le plus inactif ? Ne faudrait-il pas juger simplement le moins extrémiste?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. D'ailleurs, en variante, pourquoi ne pas dire que le plus extrémiste devient le système ? Le plus extrémiste aura plus de facilité à montrer la violence du système, justement, tandis que le moins extrémiste montrera plus l'effet "amortisseur" du système avec le temps.
      Selon le coté moral que tu veux privilégier, à savoir soit la révolte (système violent), soit la sagesse (système amortisseur).

      D'autre part, choisir le plus extrémiste donne un petit coté Tomasi (cf "le péril jeune") que j'aime bien :)

      Tu peux relier ça à la réussite ou à l'échec de la mission : si réussite, tu fait choisir le moins extrémiste ("ce sont toujours les plus gentils qui partent en premier"), si échec, tu fait choisir le plus extrémiste ("ce sont toujours les +meilleurs+ qui partent en premier")

      A voir ce que cela privilégie comme effet...

      Supprimer
  6. Il semble y a avoir une contradiction intéressante dans ta démarche, Morgane. En effet par exemple tu sembles trouver courageuse la démarche des zadistes et tu te reproches même de ne pas sortir d'une certaine routine sociale. Ce qui peut laisser penser que tu encourages avec ce JDR une certaine émancipation de l'individu face au système. Mais en fin de podcast tu critiques un certain politique (E.V. pour ne pas le nommer) en prenant dans ce cas un point de vue plutôt "sociologique" en critiquant l'aspect "pure responsabilité individuelle". Je précise que ce n'est pas du tout une critique de ma part, c'est simplement justement ça qui me semble intéressant :-) car un JDR c'est justement un médium qui semble être plutôt du côté du libre arbitre, sinon cela voudrait dire que tout est décidé sociologiquement et dans ce cas pourquoi jouer des révolutionnaires soumis à leur propre sociologie ? Et si un JDR a une démarche militante est-ce qu'il laisse vraiment dans ce cas de véritables choix aux joueurs ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. " si un JDR a une démarche militante est-ce qu'il laisse vraiment dans ce cas de véritables choix aux joueurs ?"
      => c'est une problématique que je me posais sur ce sujet, quand on parlait ici même de "posture d'auteur". Je dirais que cela limite les choix disponibles, en laissant toujours des véritables choix.
      Après je suis un absolutiste : limiter la liberté des joueurs est quelque chose qui doit, pour moi et cela n'engage vraiment que moi, être fait par un meneur éventuel ou la table plutôt que par un jeu : en live plutôt que déterminé à l'avance.

      En tout cas, le plus tard possible dans la construction de la partie (sans prendre le pas sur le rythme).

      Supprimer
    2. Merci pour vos avis, suggestions et questions : c'est toujours enrichissant sur un travail en cours !

      En fait, sur la question du paradoxe déterminisme/émancipation, je pense être arrivée à une vision satisfaisante :
      Je reproche effectivement au système actuel de manquer cruellement de références sociologiques. Nos hommes politiques occultent trop facilement les problèmes de classe et de déterminismes qui nous forgent tous. Le mérite est une illusion éclatante à ce sujet (mais je ne vais pas lancer le débat politique ici). Je ne crois pas donc au libre arbitre qu'appliqué dans un cadre hérité. Or je crois que c'est précisément ce que peut faire un jeu de rôle : offrir un espace entre les règles. La question est donc d'expérimenter le pouvoir des interstices. De cette possibilité d'user des règles, de les détourner ou d'agir à leurs marges. C'est un jeu (un espace) dans le jeu :D

      Je dis volontiers ce que la Cause m'apporte plus que je ne lui donne : j'apprends la politique à travers elle et ne cesse de la remettre sur l'établi ^^ Bref, on progresse lentement mais sûrement.

      Supprimer
    3. Pour y insérer de la socio, ça risque d'être un peu compliqué je pense. Les modèles socios sont justement des modèles, avec peut-être des points communs mais aussi beaucoup trop de différence pour en sortir un système unifié. (mais attention, j'écoute beaucoup mais je n'y connais vraiment pas grand chose en socio)

      D'autre, je n'ai pas l'impression qu'il faut aller là dedans : ce que tu fait, c'est "systèmiser" un jeu autour de tes héros, pas systèmiser une société entière, c'est assez différent ?

      "la Cause m'apporte plus que je ne lui donne" => du bleed d'auteur... Je fais tout le temps ça :)
      C'est important et crucial, ça se voit toujours dans le résultat d'un boulot !

      Supprimer