jeudi 20 mars 2014

Podcast ADN N°06 : Bibliocratie, livres et crowdfunding, avec Eric Fayet






(Durée 01 : 54 : 20)

"Le système n'est pas juste ! Il ne permet pas à tous ceux qui écrivent d'être publiés ! Tout le monde a le droit d'avoir une chance d'être édité." Tels sont les propos d'Eric Fayet, recueillis cette semaine par le Blog de la Cellule. En réponse au système éditorial traditionnel, Eric et Guillaume s'essayent au crowdfunding, le financement participatif pour les livres. Sous la forme d'un site appelé Bibliocratie, entre Ulule et Lulu, Eric propose aux auteurs d'être édités par leurs lecteurs au lieu d'être édités par une maison d'édition traditionnelle. Et cela change tout !


La révolution textuelle est en marche. Avec Flavie, Aurélien Guy (photographe indépendant) et Eric Fayet (cofondateur de Bibliocratie), nous présentons ce projet éditorial et politique, tout en nous interrogeant sur l'avenir du crowdfunding. Quels sont les biais de l'édition traditionnelle ? Comment et pourquoi les bibliocrates cherchent-ils à répondre à ce système ? Internet est-il le nouvel Eldorado de l'édition ? Ou ne va-t-il pas, au contraire, générer des travers plus grands encore ? Quels sont aussi les problèmes et les enjeux du crowdfunding ? Eric Fayet, le bibliocrate, nous ouvre son coeur et les portes de son entreprise.

Bonne semaine à tous ! Portez-vous bien et surtout jouez bien !

10 commentaires :

  1. Encore un grand merci à Eric pour son expertise et sa passion. Bibliocratie est un super projet !

    NB : Un podcast ADN sur la librairie indépendante sera publié le mois prochain.

    Affaire à suivre. ^^

    RépondreSupprimer
  2. très intéressant
    le temps de faire un clic sur le lien pour voir à quoi ça ressemble et je tombe sur un projet sympa.
    En tout cas, encore un ADN super.

    RépondreSupprimer
  3. Je confirme en tant qu'ancien libraire et actuel bibliothécaire, je trouve le projet des plus intéressant et des plus passionnant.

    De plus, cela rejoint une réflexion débutée avec un ami sur la création d'un label associatif éditorial qui faciliterai la créations d’œuvres multi supports (JDR entre autre chose, mais aussi BD, Roman...), mais ayant une ligne éditoriale précise. Label ayant pour but de facilité la rencontre entre les talents, les compétences et les réseaux de chacun.
    Tout en permettant aux auteurs de garder 100% de leur droits et revenus dans l'affaire.

    Justement je butais sur ce dernier point, l'impression finale. Car je ne voulais pas forcement passer par Ulule (qui il faut l'avouer dans le milieu rôliste n'a pas que bonne presse - surtout à cause des délais à rallonge), lulu.com...

    Bibliocratie semble en effet, le chaînon manquant entre la partie création, mise en réseau et relation et production qui nous manquait.

    Décidément, le podcast sur le jeu vidéo et celui-ci, viens vraiment nourrir ma réflexion sur le fait que le mieux du JDR manque d'une plateforme permettant cette mise en relation des compétences, y compris à des visés non commerciales.
    On s'aperçois que de nombreuses communautés de fans sont très actives et productives, mais manque cruellement de finition (maquette, illustration, relecture) et que seul quelques site ou communauté arrivé le faire (SDEN, Brigade chimérique, Vermine...).

    Ne serait-ce pas formidable de créer une plate forme ou un lieu de rencontre permettant d'unir toutes ces talents pour faire d'une part émerger des talents inconnus et d'autre part tirer vers le haut (en terme de rendu et de qualité) la production amateurs et non commerciale ?

    Bref, merci donc à la Cellule d'apporter cette réflexion et la pertinence de ces intervenants et d'élever et d'intellectualiser (sans le rendre inintelligible) le débat avec et pour des gens passionnés.

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour,

    Je me permets de corriger des erreurs ou oublis qui me paraissent importants.
    Je tiens à préciser que Bibliocratie ne marche pas, à mon avis, sur les plate-bandes du circuit traditionnel du livre, et qu'il n'y a pas de guerre entre les éditeurs/libraires et Bibliocratie. Les auteurs feront leur choix. Mais qu'ils le fassent avec des infos correctes :

    - la distribution en librairie correspond à peu près aux ventes.
    En librairie, il existe un système de retours qui fait que les libraires peuvent renvoyer les livres non vendus contre un avoir de l'éditeur. Donc en général, un éditeur annonce des chiffres de « mises en place » puis des chiffres de « ventes après retours » à ses auteurs. Un livre considéré comme vendu après les vagues de retours est un livre qui soit a trouvé son lecteur, soit un libraire qui croit en lui et qui pense pouvoir le placer.

    - la loi Lang sur la prix unique du livre est une loi de développement durable :
    C'est le producteur (l'éditeur)qui fixe le prix de vente, et non les surfaces de vente, comme pour l'agroalimentaire par exemple. Elle permet aux petites structures comme les librairies indés de survivre face aux grandes surfaces, supermarchés et chaînes, en se positionnant sur du qualitatif (conseil, diversité de choix, etc.) sans avoir à pâtir des moyens financiers des grosses machines.
    La librairie indépendante de qualité permet par ricochet la survie de l'édition indépendante de qualité en axant ses choix sur la diversité, la qualité et la prise de risque. Cette loi a retardé un écroulement massif des réseaux de librairie et d'édition indépendantes face aux groupes financiers en France contrairement aux US ou à l'Angleterre par exemple.

    Romaric : pour la vente de livre aux surfaces de vente (et pas aux particuliers) : renseigne-toi tu as le droit de faire une remise, c'est comme ça que ça fonctionne. Que tu ne veuilles pas le faire pour garder ta marge c'est ton choix, mais techniquement la loi Lang fixe le prix de vente final, pas les marges entre les intermédiaires : les boutiques sont des intermédiaires.

    - les marges des libraires :
    D'une part, justifier la marge puisqu'on sous-entend le goinfrage : ne pas oublier qu'un libraire paye les charges de sa librairie avec la marge. Puis avec ce qu'il reste de tout ça, éventuellement il se paye lui-même et donc son loyer perso, ses charges persos.
    Les librairies ne font pas de profit : le chiffre moyen de rendement est de 1% quand ça va bien, c'est-à-dire quand on a réussi à payer les libraires qui bossent dans la librairie.

    Pendant qu'on parle des marges :
    Bibliocratie prend 10% des gains crowdfoundés : c'est ce que prend un éditeur traditionnel, en gros.
    Or, promettre à un livre une vie de deux mois travaillée sur le réseau personnel des auteurs, c'est une proposition qui a le mérite d'exister, mais ça ne s'appelle pas de l'édition et ça ne permet pas à une œuvre de vivre sa vie. C'est beaucoup trop court, et ça demande beaucoup plus boulot qu'une simple mise en valeur sur un site.
    Les gains promis à l'auteur sont pris les autres intermédiaires (diffusion, distribution, libraire) qui assurent la vie du livre sur du moyen et long terme et sur un public plus large que le réseau personnel de l'auteur.
    Réseau personnel, qui, il faut être honnête, reçoit généralement les exemplaires gratuits que l'auteur perçoit (clause standard de contrat d'édition) et refile à ses potes.

    RépondreSupprimer
  5. - sur l'édition numérique :
    Il existe de beaux projets en littérature qui tentent d'innover et d'aller dans le bon sens, c'est-à-dire sans voler les lecteurs, ni les auteurs : je vous invite à jeter un œil aux éditions E-Fraction (littérature contemporaine) ou à la proposition numérique de Dystopia Workshop (SF) ou des éditions du Bélial (SF). Ces initiatives ont en commun de proposer une offre intéressante, réellement pas chère, sans DRM, des fichiers propres et pas les pdf de l'imprimeur, et de marcher main dans la main avec leurs auteurs.

    - le crowdfounding et l'édition :
    Aujourd'hui les éditeurs (petits et indés comme Les Forges de Vulcain par exemple) utilisent déjà ces outils mais assurent un vrai boulot d'édition derrière : choix & travail sur le texte, ligne éditoriale, recherche de talents, réel accompagnement des auteurs.

    - les exemples de Proust et Gracq datent d'avant 1945. Le paysage éditorial a évolué depuis, merci.
    D'une façon générale, évoquer Gallimard et le Seuil ou les grands groupes comme Denoël pour parler d'édition c'est à peu près aussi réducteur que de parler de D&D en jeu de rôle et penser qu'on a fait le tour de tout ce qui existe.

    Désolée pour le découpage. Merci à ceux qui auront lu jusqu'ici...

    Anais (Charybde 1)

    RépondreSupprimer
  6. Merci pour ces précisions, Anaïs !

    Je me demandais justement pour la vente des livres aux boutiques. Est-ce que tu sais si cette règle s'applique de la même manière pour les auto-entrepreneurs ?

    RépondreSupprimer
  7. Merci anais, c'est très intéressant et clair.

    Comme le dit romaric dans le podcast, c'est une alternative. Le but n'est pas de dire quel modèle il faut garder pour éliminer les autres.
    De mon côté, j'ai suivi le podcast en ayant en tête Lulu ou Ulule à titre de comparaison, pas une maison d'édition (grande ou petite). Les discussions que j'ai eu ensuite comparaient avec l'imprimeur du coin de la rue.

    Dernier point, je partage ton avis sur la vie de l'œuvre. Si fabien a choisi Lulu, c'est parce que son livre sera disponible théoriquement plusieurs années. Le crownfunding ne le permet pas. A voir les conditions d'accès à la bibliothèque de bibliocratie.

    En tout cas, je salue l'initiative et la politique de ce site.

    RépondreSupprimer
  8. A Rom : oui, pour la loi est considérée comme éditeur toute personne physique ou morale qui édite des livres.
    Il n'y a pas une liste de statuts corrects et de statuts pas corrects.

    La vraie question c'est à qui tu vends : si c'est au public, tu respectes ton prix, si c'est à un revendeur intermédiaire tu négocies une remise et c'est lui qui doit vendre au prix public.

    Anaïs (Charybde 1)

    RépondreSupprimer
  9. Bonjour!
    Très intéressant, on voit plusieurs points de vue sur les éditions alternatives (d'ailleurs lire les commentaires permet d'en savoir plus sur les deux côtés) et ça permet de se poser des questions et de pouvoir vraiment réfléchir.
    Je me pose la question pour le JDR aussi... espérons en savoir plus.
    D'ailleurs lorsque vous devez terminer un podcast, mais que vous pensez ne pas avoir tout dit, ou qu'il manque des choses, bah n'hésitez surtout pas à faire une suite :p
    En tout cas, merci beaucoup et continuez comme ça.

    RépondreSupprimer
  10. Bibliocratie, une belle arnaque

    RépondreSupprimer